10 conseils pour la création de votre site Internet
Vous souhaitez mettre en place ou repenser votre stratégie digitale, créer (ou refondre) votre site Internet ? Vous cherchez à identifier les leviers webmarketing qui vous aiderons à étendre l'influence de votre marque et à conquérir de nouveaux marchés ? Konbi vous propose 10 pistes pour faire évoluer et optimiser votre présence sur le web.
Par Konbi
Le 25 avril 2017
Vous souhaitez créer (ou refondre) votre site Internet et mettre en place (ou repenser) votre stratégie digitale?
Vous cherchez à identifier les leviers webmarketing qui vous aiderons à étendre l'influence de votre marque et à conquérir de nouveaux marchés?
Konbi vous propose 10 pistes pour faire évoluer et optimiser votre présence sur le web.
1. Quel est l'intérêt pour mon entreprise d'être plus visible sur Internet ?
Une présence plus forte sur le web vous permet de développer à la fois la notoriété de votre marque (site vitrine) et de renforcer votre force commerciale (site e-commerce). En fonction des spécificités de votre activité et du degré de maturité qu'elle a auprès des internautes, vous pouvez quoi qu'il arrive penser votre stratégie en deux étapes successives :
- Renforcer la notoriété de votre marque :
C'est lorsque vous cherchez à étendre votre marque sur des nouveaux supports (site web, application mobile, réseaux sociaux), que vous pouvez réaliser pleinement l'importance d'avoir un logo et une charte graphique créés par un professionnel. Un logo de qualité permet, de par sa simplicité apparente, une souplesse de manipulation qui permet à votre marque de se distinguer de vos concurrents tout en conservant un discours limpide auprès de vos consommateurs, autant dans le monde physique que sur le web.
La création d'un site "vitrine", qui présente votre activité, vos services, les moyens de vous contacter, est une première étape indispensable, tout comme la création d'une page Facebook, Linkedin et Google+.
- Développement commercial :
Que les services que vous proposez soient dématérialisés ou physiques, vous pouvez décider de vendre vos produits directement sur Internet, en développant un site de e-commerce. Parmi les nombreuses plateformes disponibles (WooCommerce / Wordpress, Amazon, Etsy, Squarespace...), le rôle de Konbi en tant qu'agence web est de vous guider vers la solution technique qui correspond le mieux à vos besoins, qui soit la plus compétitive, et qui vous permette de conserver le plus de souplesse et de liberté possibles dans la gestion quotidienne de votre plateforme commerciale.
Il est par ailleurs pertinent d'opter parfois pour une présence en ligne multiple de vos mêmes produits, par exemple sur votre propre site de e-commerce et sur Amazon et Etsy, afin d'éviter toute dépendance auprès d'un e-marchand, et démultiplier vos opportunités de vente en ligne.
2. Comment identifier la stratégie web qui me correspond?
Plusieurs facteurs sont à prendre en considération avant de définir votre stratégie web et webmarketing. Retenons-en ici 3 qui nous paraissent essentiels :
- Analyser la présence de vos concurrents sur Internet : ce qu'on appelle un "benchmark concurrentiel" permet à la fois d'identifier les bonnes pratiques à mettre en place et les points de différenciation qui vous rendrons plus attractif auprès des internautes.
- Adapter votre stratégie à votre budget : si le budget que vous pouvez consacrer est ponctuel, et que vous ne pouvez pas prévoir un budget de fonctionnement (interne ou externe) à la suite de la création et du développement de votre site Internet et de son écosystème adjacent (réseaux sociaux, blog), il vaut alors mieux vous concentrer sur les fondamentaux, c'est-à-dire l'image de votre marque (identité visuelle et discours) via la qualité de votre site vitrine. Il serait contre-productif pour votre entreprise d'investir de nouveaux outils de communication et les laisser ensuite en friche. Pensez qu'une présence sur Twitter, Facebook, Linkedin, Youtube, Instagram, et consorts est une porte directe ouvrant au dialogue avec les internautes, et qu'il faut être réactif pour que ce soit efficace et bénéfique pour votre marque sur le long terme. C'est ce qu'on appelle le community management (gestion de communauté).
- Développer votre communauté : que ce soit pour la notoriété de votre marque ou votre développement commercial, avoir le plus de trafic possible sur les plateformes (site web, youtube, réseaux sociaux) où votre entreprise est présente est l'objectif principal de toute stratégie webmarketing que vous souhaiterez mettre en place. La conversion d'un prospect en client peut se situer entre 0,1% et 1% du trafic total que vous réussirez à générer. C'est pourquoi il vous faut à la fois trouver les leviers pour générer du trafic, mais également transformer ce trafic en communauté fidèle. Ce sont les membres de votre communauté qui sont les plus à même de consommer vos produits et diffuser vos messages au plus grand nombre.
3. Comment choisir la plateforme (CMS) de mon site web?
En fonction de la typologie du site Internet que vous souhaitez créer, depuis le site vitrine à forte composante visuelle ou textuelle, en passant par le site e-commerce ou encore le blog ou le vlog (vidéo blog), il existe de nombreuses plateformes de CMS (Content Management System = système de gestion de contenu) qui vous permettent de mettre en place et d'implémenter les fonctionnalités dont vous avez besoin, dans le respect de votre identité visuelle. C'est un des rôles de Konbi de vous guider dans le choix de votre CMS, en vous proposant la plateforme la plus adaptée.
L'agence web Konbi est spécialiste de Squarespace, que nous préférons à des solutions plus "classiques" telles que Wordpress pour ne citer que la plus connue. Nous analyserons dans un prochain billet les avantages (et inconvénients) de Squarespace, que Konbi utilise comme plateforme d'intégration et développement web pour la majorité de ses clients depuis 2013.
4. Comment identifier les fonctionnalités à mettre en place sur mon site Internet?
Votre activité professionnelle dans le monde physique, quand elle peut être transposée sur Internet, suppose la création d'une expérience utilisateur spécifique. Par exemple, le paiement en ligne est une fonctionnalité dont les étapes sont toujours les mêmes (récapitulatif de la commande, choix du mode de paiement, validation, émission d'une facture envoyée par email etc...). La maturité du web en 2017 permet aux entreprises d'avoir un choix très large parmi des fonctionnalités déjà développées en les activant via l'utilisation d'une plateforme CMS adaptée.
Une plateforme CMS regroupe en quelque sorte un catalogue de fonctionnalités, que vous pouvez ensuite activer selon vos besoins. Si un de vos besoins est si unique qu'aucune fonctionnalité pré-développée n'existe sur le marché, ou encore que l'expérience utilisateur que vous souhaitez proposer à vos clients est elle aussi particulière, il vous faut alors envisager un budget spécifique (intervention de développeurs informatiques).
5. Traduction multi-langues
Grace à l'Internet, vous pouvez faire accéder à des marchés dans le monde entier sans avoir la nécessité d'ouvrir des bureaux dans chacun des pays où vous souhaitez établir une présence. La traduction de votre site web, tout comme la capacité dont vous vous doterez afin e pouvoir communiquer dans plusieurs langues, vous permettra de démultiplier votre trafic et d'avoir accès à des consommateurs dont vous n'auriez jamais soupçonné l'intérêt pour vos services.
Konbi propose à ses clients des traductions de qualité depuis le français vers l'anglais, l'espagnol, le turc et le portugais.
6. Présence sur les réseaux sociaux
Méfiez vous du côté totalement artificiel du trafic que vous pouvez générer sur votre site en effectuant des campagnes publicitaires via les réseaux sociaux. Si vous vous retrouvez dans la situation où vous êtes obligé(e) de consacrer un budget mensuel conséquent auprès de Facebook et Adwords pour générer du trafic sur votre site internet, sans compter le coût représenté par le community management, vous avez un problème. L'objectif de l'investissement d'une partie non négligeable de votre chiffre d'affaire dans votre communication sur Internet est d'être rentable, pas uniquement de rentrer dans vos frais.
Pour cela, ne vous leurrez pas : seule une stratégie à long terme peut être payante,que l'on pourrait résumer en trois axes :
- production de contenus de qualité (articles, vidéos, podcasts)
- stratégie d'optimisation de référencement (SEO)
- Réseaux sociaux : présence de la marque / relais des contenus / webmarketing (campagnes publicitaires événementielles ou institutionnelles)
7. Publication régulière d'articles et de vidéos
Même si vous ne souhaitez créer un site Internet qui ne se résume qu'aux fonctionnalités de base d'un site vitrine (qui sommes-nous, notre métier, nos réalisations, nos clients, contactez-nous), vous ne parviendrez jamais à avoir la visibilité que vous méritez sans faire l'effort complémentaire d'y ajouter une rubrique Actualités (blog), composé d'articles, de vidéos, d'interviews. C'est en vous positionnant comme un média doublé d'un expert de votre domaine d'activité que vous pourrez générer intérêt et trafic sur votre site, youtube et les réseaux sociaux où votre entreprise est présente.
8. Optimisation du référencement Google (SEO)
Sans la publication régulière d'articles et de vidéos que venons d'aborder, il n'y a pas de stratégie SEO sérieuse qui puisse être mise en place. L'optimisation du référencement Google de votre site Internet, c'est-à-dire votre position en première page de résultat de Google à la suite de requêtes de mot-clés concernant votre activité (librairie Angers, chocolatier Angers, restaurant à emporter Angers, pizzeria Angers, déménagement Angers, location appartement Angers etc...) a peu de chance d'aboutir sans l'appui apporté par la création de contenus originaux. Les algorithmes de Google favorisent la production régulière de contenus originaux, ce qui ne veut pas dire qu'elle ne doit pas être associée à une stratégie de netlinking. Konbi dispose d'une équipe de concepteur-rédacteurs et de spécialistes en SEO qui peuvent vous apporter la visibilité sur Google qui vous permettra ensuite de construire votre communauté sur les réseaux sociaux.
Faire une campagne de publicité via Google AdWords ne relève pas d'une technique de SEO. Il s'agit plutôt d'un moyen de webmarketing qu'il faut pouvoir envisager de façon ponctuelle, pour un besoin événementiel. Payer Google pour apparaître régulièrement en haut des résultats des requêtes de mot-clés qui comptent pour vous est le meilleur moyen de négliger le travail de fond que vous devriez effectuer en SEO. La différence visuelle entre un résultat sponsorisé et un résultat naturel est suffisamment claire pour que la perception qualitative et donc le clic de l'internaute s'en ressente.
9. Gestion quotidienne de mon site web et des réseaux sociaux de mon entreprise
Comme nous venons de le voir, seul le SEO permet d'avoir une approche constructive et à long terme de votre trafic. Ne s'appuyer que sur les réseaux sociaux pour générer du trafic est une approche à court terme, qui ne permet absolument pas de construire ni consolider votre communauté. Le SEO vous permet de ne pas emprisonner votre discours et vos produits au sein d'une plateforme propriétaire. Tout miser sur Facebook par exemple et penser que vous pouvez faire l'économie de votre site web pour développer votre business, vous rend très vulnérable aux changements que Facebook décide d'appliquer à sa plateforme.
Pour autant, les réseaux sociaux sont des leviers formidables pour votre marque, à condition de respecter quelques règles simples, parmi lesquelles :
- publication web puis sociale : toute publication (texte, image) doit se faire depuis votre site web vers les réseaux sociaux. Si vous publiez une vidéo, vous aurez plus de trafic venant de Facebook si votre vidéo est téléchargée directement sur Facebook que si vous la partagez depuis Youtube. Par contre, il vaut mieux privilégier le lecteur vidéo de Youtube lorsque vous publiez un article dédié à votre vidéo sur votre site Internet, car le référencement d'une vidéo Youtube (qui appartient à Google), sera toujours meilleur qu'une vidéo Facebook.
- Community management : lorsque votre présence devient suffisamment appréciable sur les réseaux sociaux (au moins 10000 followers sur Twitter, 10000 sur Facebook, etc...) et que votre communauté commence à réagir régulièrement, un(e) community manager (à mi-temps pour commencer) devient indispensable. Au delà du contact direct avec votre communauté, un(e) community manager assure le flux régulier des publications (et donc la présence et le dynamisme) de votre entreprise sur les réseaux sociaux.
- Webmarketing : un outil comme Facebook vous donne la capacité de toucher vos cibles de façon très localisée, pour un coût qui semble faible en apparence (entre 0,05€ et 0,5€ le clic en moyenne). Encore faut-il que le budget consacré soit équilibré par le chiffre d'affaire généré en contre-partie, si par exemple vous faites la publicité de votre boutique e-commerce. L'agence web Konbi recommande rarement à ses clients d'autres réseaux sociaux que Facebook pour leurs campagnes webmarketing (par exemple Linkedin, trop cher, ou Twitter, peu adapté). Facebook nous paraît sans conteste être le meilleur dans ce domaine en 2017.
10. Je me lance
Vous vous sentez prêt pour l'aventure ?
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Agence Yodog • Interview de Cyrille Macé
Cyrille Macé est président de Yodog, une agence de communication et de production audiovisuelle basée à Paris. Konbi rencontre Cyrille pour une interview à l'occasion de la sortie du dernier clip réalisé par le studio parisien basé à Strasbourg Saint-Denis.
Cyrille Macé (photo : Constance Kistner)
Cyrille Macé est président de Yodog,* une agence de communication et de production audiovisuelle basée à Paris.
* N.D.L.R : l’interview date de 2015 ; en 2025, Cyrille Macé est partner et creative director à OVV Studio.
Cyrille, quelle est la principale qualité de Yodog aujourd’hui ?
Sans hésiter, notre entourage direct : nous avons développé depuis trois ans un réseau de professionnels ultra réactifs et compétents, chacun dans leurs domaines respectifs, ce qui nous permet en fonction des projets, d’élargir de façon très efficace notre scope de compétences, aussi bien créatives que techniques.
C’est aussi cette souplesse qui nous donne la possibilité d’aller toujours au delà des demandes de nos clients et répondre encore mieux à leurs besoins, à chaque étape de la chaîne de production d’un projet.
Peux tu me donner un exemple concret ?
Il y a deux ans, Heineken est venu nous voir. Dans un premier temps leur brief concernait la création d’une vidéo qui puisse mettre en exergue le fait que leur nouvelle bouteille brille dans le noir. Il se trouve qu’un événement pour célébrer les 20 ans d’Heineken était planifié pour la même période.
Pour cette occasion, en plus de réaliser la vidéo, nous avons eu la possibilité de leur proposer de relier cette vidéo (dont l’objet était d’être diffusée sur le web) avec leur événement, et ainsi créer pour leur stand un mapping vidéo sur une bouteille d’un mètre trente de haut.
Il a donc fallu fabriquer la bouteille, identifier puis diriger les créatifs aussi bien sur le travail du spot vidéo que sur l'imagerie du mapping vidéo de la bouteille, réfléchir aussi à l’environnement et au branding du stand, définir une stratégie de marque, le discours de l’événement en lui-même, au final monter et gérer toute l’équipe nécessaire à la réalisation du projet.
Voilà, je pense que c’est vraiment ça la force de Yodog, savoir s’entourer. Dans cette optique d’ailleurs, c’est très important pour nous de tenir au courant chaque intervenant du projet des tenants et aboutissants des différentes phases et applications concrètes d’une campagne de ce type. On cherche en général à fluidifier plutôt qu’à segmenter les échanges au sein d’une équipe dédiée, parce que c’est la cohérence et la réussite du projet qui en découlent.
Quels sont les axes de développement de Yodog pour 2015 ?
Je vois deux axes :
- Continuer à s’adapter au marché, en particulier avec les agences de communication avec qui on travaille régulièrement et qui s’attendent à une très grande réactivité, avec des calendriers très serrés.
- Développer notre marque avec mes deux associés, pas simplement en nous positionnant comme prestataires de services, mais qu’on vienne aussi nous voir pour notre signature, montrer à nos clients ce que nous avons en plus, ce qui fait notre force sur ce marché très concurrentiel de la production audiovisuelle et de la communication.
C’est un peu ce que vous faites en sortant un clip aujourd'hui ? Tu peux nous en dire plus ?
Effectivement, Supernova est un projet auto-produit, pour et avec des amis du groupe The Electronic Conspiracy. C’est une bonne illustration de ce qu’on sait faire sur le plan créatif, et qui nous permet de valoriser nos qualités au delà du motion design en tant que tel, c’est-à-dire circonscrit aux demandes du marché.
Comment le motion design s’inscrit-il dans les stratégie de com’ aujourd’hui ?
J’ai commencé il y a 6 ans dans le motion design au sein du pôle Motion Design de TBWA Paris qui venait d’être créé, et c’était une nouveauté à l’époque pour une agence d’avoir un pôle motion en interne. Les besoins au départ c’était du power-point amélioré, de la com’ interne. Aujourd’hui ils ont totalement intégré le motion design via une structure dédiée, et ils ont consolidé leur démarche en adjoignant des directeurs artistiques et des concepteur-rédacteurs aux équipes de réalisateurs et techniciens.
D’une démo animée permettant au client de visualiser le parcours utilisateur de sa future refonte de site web, ils sont passé à la création d’un objet à part entière s’inscrivant dans une stratégie de com’.
Sur un plan plus global, on est passé désormais à une communication de l’instant, où il faut être juste et percutant tout de suite. Ce n’est plus du tout de la planification de mise en place de stratégie de com’ avec plusieurs échelons. Le premier échelon est tout aussi important que les autres. Une sorte de com’ de crise permanente s’il fallait faire un parallèle.
Ta ou tes définition(s) du motion design ?
Le motion design c’est du design en mouvement. Le design c’est déjà un champ à part entière. Le mouvement c’est pareil, ça va de l’animation traditionnelle à la prise de vue réelle. On y retrouve en fait toutes les composantes du design graphique et de la production de film (scénario, story-board, effets spéciaux, direction artistique, prise de son, composition, photographie, direction artistique etc.).
Mais au delà de la production de film institutionnel ou de pub TV, les installations interactives font selon moi partie intégrante de la réflexion et des évolutions du motion design. En fait, derrière le terme générique de motion design, c’est surtout un métier qui en réunit plusieurs, et on voit bien ce que la multiplicité des supports permet de développer comme expériences innovantes et originales pour les consommateurs.
Mais quoi qu’il arrive, c'est la réflexion créative et le design qui doivent rester absolument au coeur du processus. Je rappelle souvent aux étudiants à qui j’enseigne à E-Art Sup, que se contenter de maîtriser AfterEffect ne fera d’eux que des techniciens, pas des motion designers. J’insiste sur le fait qu’ils doivent être menés par leur envie et aussi s’exprimer sur le plan créatif, et que je ne suis pas là pour leur apprendre un outil. Maîtriser l’outil c’est essentiel, mais la recherche créative, passer par le crayon, filmer dans la rue, développer des projets personnels, c’est beaucoup plus important.
Quel intérêt trouves-tu à faire appel à des freelances ?
Ouvrir le champ des possibles, se donner la possibilité d’aller toujours plus loin, pour mes clients comme pour Yodog.
Quels conseils donnerais-tu à de jeunes designers qui souhaitent se lancer en freelance ou bien encore créer leur boite ?
Ne pas négliger d’apprendre le métier d’abord dans de grandes agences, afin de développer leur expérience, le travail d’équipe, gérer la pression, le langage, développer son réseau. D’autant plus dans la perspective de créer sa propre entreprise et d’être confronté à une hiérarchie et aux différentes facettes du management. Vivre ça au quotidien d’abord en agence, ça me semble utile avant de décider de franchir le pas.
Le retour des Revenants • Interview de Jimmy Desmarais
Jimmy Desmarais a produit la série Les Revenants pour Canal+. Producteur chez Haut-et-Court à l'époque de l'interview de Konbi en avril 2015, il est désormais co-managing director de Atlantique Productions, filiale du groupe Lagardère.
Jimmy Desmarais (photo : Constance Kistner)
Jimmy Desmarais est producteur chez Haut et Court.* Avec Caroline Benjo, ils produisent la série Les Revenants. Elle est à ce jour la création originale la plus suivie de l’histoire de CANAL+. En 2013, la série a remporté l’International Emmy Awards de la meilleure série dramatique. Le tournage de la saison 2 des Revenants a débuté à la fin du mois de septembre 2014, en vue d'une diffusion à l'automne 2015.
* N.D.L.R. : à partir de 2016, Jimmy Desmarais est chez Lagardère Média, puis Netflix de 2019 à 2025, avant de co-fonder Drama Queen Prod. début 2025.
Quel a été ton rôle dans la naissance et le développement de la série Les Revenants ?
Mon objectif chez Haut et Court était de développer une activité fiction télé, dans la continuité de leur ligne éditoriale de cinéma d’auteur. J'y ai pensé en feuilletant leur catalogue, qui contenait le long-métrage Les revenants, réalisé par Robin Campillo. J’aime ce genre d’histoires, et celle-ci en particulier de morts qui reviennent, mais qui ne sont pas des zombis. Je trouvais aussi intéressante la question de leur intégration dans la société, de savoir comment vivre avec eux et eux avec nous. On s’est donc lancé dans ce projet.
Quel était ton parcours avant d’arriver chez Haut et Court ?
Science-po communication et DESS en communication. Une première expérience chez Image & Compagnie, qui m’a permis de découvrir la fiction télé, suivi d'une école de scénariste pendant deux ans (Conservatoire Européen d'Écriture Audiovisuelle, CEEA). À l’issue de cette formation, j’ai commencé dans la production. Cela fait plus de 9 ans que je travaille chez Haut et Court.
Je t’ai entendu parler de la difficulté à préserver une dimension artistique dans le scénario, et de ne pas la sacrifier à l’exigence d’une série destinée à une diffusion à l'international. Quels ont été les écueils à éviter?
On n’a jamais pensé Les Revenants pour l’international, c’était une fiction française pour les spectateurs de CANAL+. À l’époque, il y avait beaucoup moins de productions internationales ou de séries conçues dans cette optique. Le cadre était franco-français. On a fait une campagne classique, et on a vraiment été surpris du succès rencontré à l’internationnal.
En préparant la saison 2, suite au succès de la saison 1, avez-vous réfléchi différement à la conception ou la réalisation ?
La façon d’écrire n'a pas changé. Le succès a bien évidemment pesé dans les réflexions (ce qui a plu, déplu, la notion du mystère, etc.). C’est davantage l’expérience que le succès de la première saison qui a fait évolué certaines choses.
Comment expliquez-vous le succès de cette série à l’étranger justement ? L’attention extrême portée à l’intime, à l’humain, des enjeux et propos universels, une atmosphère hors des frontières (à l'exception des gendarmes par exemple), une esthétique épurée particulière ?
Il y a cette French touch qui finalement est une fausse French touch puisque on a beaucoup travaillé à la stylisation de l’univers. On a par exemple retravaillé les uniformes des gendarmes, ce ne sont pas les vrais uniformes.
L’universalité du concept a particulièrement plu. Et ce qui est très français, c’est peut être la dimention intimiste. C’est également une série high-concept.
Que signifie "high-concept" ?
Il y a des séries qui reposent surtout sur le traitement des personnages. Pour cette série, il y a un concept dramatique très fort.
Fabrice Gobert a écrit le scénario et réalisé la plupart des épisodes. Comment avez vous travaillé avec lui ? Comment se passe le procédé d’écriture ? Quelle est la liberté accordée et à qui ?
La méthodologie est assez encadrée par la chaîne. C’est à elle qu' appartient la décision finale. C’est sur la base de textes qui lui plaisent qu’elle décide ou non de mettre en production.
En fonction de la relation du producteur avec la chaîne, c’est un dialogue plus ou moins serein. D’habitude il y a beaucoup d’étapes intermédiaires : pitch, synopsis, séquencier, puis scénario dialogué.
Or, on a très rapidement réussi à travailler à partir de versions dialoguées. Ensuite il y a eu beaucoup de réunions, de discussions, d'échanges de notes. CANAL+ a lancé la production sur la base de trois épisodes validés. Il faut convaincre avec ces premiers épisodes. Une fois que c'est fait, l’accélération est brutale : il faut produire les épisodes suivants, et la production et le travail d’écriture se font quelquefois de pair.
Êtes-vous liés d’une manière ou d'une autre, ou bien même consultés, pour la réalisation des remake à l’étranger ?
Aux États-Unis, The Returned va être diffusé prochainement. Nous étions associés artistiquement, mais nous avons préféré voir ce qu'ils avaient envie d’en faire et où ils emmèneraient la série.
Dans la première saison des éléments expliquant le contexte ou l’intrigue étaient mis à sa disposition sur le site internet de la série, des indices pouvaient être découverts dans des arrière-plans. Cela a-t-il été un atout pour nourrir le buzz autour de la série ? Allez-vous faire la même chose pour la saison 2 ?
Je ne sais pas. Je pense que c’est la série surtout qui a su capter l’attention, avant que les réseaux sociaux ne s’en emparent et ne la relaient. Aujourd’hui encore, il y a énormément de réactivité dès qu’une information apparait.
Quelles sont les sources d'inspirations du réalisateur ?
Plutôt que Twin Peaks qui est une référence assez générale, facile, dès que l’on souhaite créer un univers un peu fantastique, Fabrice s'inspire plus volontiers du photographe Gregory Crewdson, ou encore de la bande dessinée Black Hole de Charles Burns.
Que peux-tu dire à ce stade sur la saison 2 ?
Elle commencera cet automne. Il y a de nouveaux acteurs (dont Laurent Lucas), un petit pitch a été diffusé, mais on ne dit rien d’autre.
Qu’est ce qui t’a apporté le plus de satisfaction dans ta participation à la réalisation de ce projet ?
Il y a un moment absolument magique, ce sont les premiers montages.
Est-ce que le succès de la première saison vous a donné plus de temps, plus de confort pour la deuxième ?
Plus de temps, absolument pas, au contraire. Il faut enchaîner vite. En France, on a beaucoup de mal à faire une saisonnalité sur un an. C’est une série d’auteur, le processus d’écriture est le même que pour la première saison. Cela reste long et demande de la maturité. Il y a aussi beaucoup d’attentes des téléspectateurs.
Avec Caroline Benjo vous avez reçu Les Emmy Awards en 2013 pour Les Revenants. Quelles retombées ce prix a-t-il eu pour Haut et Court ?
Bien avant les Emmy, la diffusion sur Channel 4 en Angleterre nous avait déjà apporté beaucoup de visibilité internationale. Aujourd'hui, la plupart de nos productions est en anglais et naturellement tournée vers l’international.
Quels sont vos projets en cours ?
Il y a une série en tournage en ce moment, Panthers, en co-production avec CANAL+ et Sky Atlantic en Angleterre. Il s'agit d'une mini-série de 6 épisodes à très gros budget. C’est l’histoire des Pink Panthers originaires d’ex-Yougoslavie, qui volaient des diamants dans les plus grandes bijouteries. On suit 4 personnages, l’un d’eux joué par Tahar Rahim, et on y découvre les nouvelles formes de criminalité en Europe, les collusions entre la finance, les banksters, les intérêts partagés et l’Union Européenne.
On travaille également sur une série en cours d'écriture, campée dans le Saint-Tropez des années 50.